lundi 16 janvier 2017

Alfred Chocotte et le voleur de rêves



Alfred Chocotte et le voleur de rêves de Martial Victorain chez L’Astre Bleu éditions


C’est la panique dans la petite ville de Sainte Pistache.  À quelques jours de Noël, un mystérieux voleur s’attaque à tous les habitants. Le malfrat ne s’empare pas de leur argent, de leurs objets de valeur. Pire, il s’attaque à leurs rêves. Seuls les cauchemars peuplent leurs nuits, les privant d’un sommeil réparateur.


Très inquiet, Orius Mangeflan, le maire de Sainte Pistache, fait appel à Alfred Chocotte, enquêteur de talent. Il a pour mission de trouver le coupable avant Noël et de redonner toute leur joie de vivre aux habitants. Accompagné du maire et de la responsable du pensionnat qui abrite les élèves, il va aller visiter chaque victime pour prendre leurs témoignages et ainsi orienter son enquête. L’affaire s’annonce difficile.

Étrangement, le même monstre hante les cauchemars de tous les habitants de Sainte Pistache.

« - Soyez plus précise, s’il vous plaît, mademoiselle Claquemule. Chaque détail compte à ce stade de l’enquête. C’est important pour la suite. Alors, ces cauchemars ?
   - Seize identiques.
    - Quel genre ? À quoi ressemblaient-ils ?
   - À une boîte !
   - À une boîte ?
   - Oui. À une boîte ! Ils ressemblaient à une boîte ! Enfin à seize boîtes. Seize cauchemars, cela fait seize boîtes. Seize boîtes identiques et grosses comme seize gros aquariums équipés de seize grandes bouches par lesquelles tout le monde était aspiré.
   - Pas de dents ?
   - Si, de très longues dents très pointues, d’après la description des enfants. »

Alfred Chocotte, enquêteur aux méthodes très originales, se débat parmi des personnages hauts en couleur, bien décidé à démasquer l’odieux coupable qui s’empare du sommeil des habitants de Sainte Pistache.

Alfred Chocotte et le voleur de rêves, roman jeunesse à plusieurs niveaux de lecture, ravira petits et grands par son atmosphère poétique et humoristique. Plutôt qu’à un roman, c’est à un conte policier que Martial Victorain vous convie.


Parents, prenez garde, le voleur de rêves est probablement tapi chez vous. Pour mieux le démasquer, lisez ce livre avec vos enfants et discutez-en. Nos rêves sont vitaux, protégeons-les.

dimanche 15 janvier 2017

1749 miles



1749 miles de Fabienne Blanchut aux éditions De plaines en vallées



Le 13 juin 1953, à quelques jours de fêter son treizième anniversaire, le monde de Joshua Shapiro s’effondre. Alors qu’il vient de rentrer du travail, son père convoque le « pow wow », leur conseil de famille. Le major Shapiro annonce à sa famille qu’il est muté sur une base au Nouveau Mexique, qu’ils vont devoir quitter San Francisco. Joshua, enfant solitaire et bègue (il n’a qu’un ami, Tom) est terrifié par ce déménagement. Tout est à refaire, pour lui. Il va devoir s’intégrer à un nouveau groupe, subir de nouvelles moqueries sur son handicap. Ce qu’il ne sait pas encore, c’est que ce nouveau départ va être l’occasion pour lui d’une rencontre qui va changer sa vie à tout jamais, qui va en quelque sorte, la conditionner.

Le Major Shapiro est nommé sur la base du Holloman Aerospace Medical Center. Le père de Joshua sera en charge de l’entraînement des animaux en vue d’un vol spatial habité. Le gouvernement américain veut absolument combler son retard sur les Russes. Les Etats Unis doivent devenir les maîtres de l’espace. Josh est passionné par les animaux et son père, pour faire passer la pilule du déménagement lui fait faire un passe. Il pourra s’occuper des animaux. Le gouvernement décide de plus particulièrement s’intéresser aux chimpanzés pour ce premier vol habité. Le Major doit aller chercher un petit groupe de singes mais l’un d’entre eux, un nouveau né, est malade, apeuré, il se laisse dépérir. Josh fait promettre à son père de le rapporter avec lui, de ne pas le laisser mourir.

Joshua va s’occuper de « 65 », ce petit singe promis à la mort. Lentement il va se faire accepter de lui, l’apprivoiser. Une relation de confiance et d’amitié va s’installer entre l’enfant et le singe  qui va se révéler être d’une intelligence hors normes. Cette complicité, malgré les séparations,  durera bien longtemps après le retour en héros du premier singe de l’espace, celui que Joshua a nommé HAM.

« Je retiens mon souffle. Je n’ose pas le regarder directement, alors je le fais par en dessous. « 65 » descend de sa cage en s’agrippant aux barreaux. Il est tout pelé. Bien trop fluet. Je fais un drôle de bruit en avalant ma salive. Je lève les yeux. Je crains de l’avoir effrayé. Il me fixe de ses grands yeux pleins d’intelligence. Nos regards s’accrochent. Il est des pactes qui se scellent sans mot. Ce qui se passe est inimaginable pour moi. Il ne s’agit pas d’amitié mais bien d’amour. Dès cet instant, je l’aime sans condition et pour toujours. « 65 » se dirige vers les fruits, mais déjoue mes pronostics. Il dépasse les fruits et s’approche de moi. Je suis comme pétrifié. De sa main, il frôle mes cheveux et caresse ma joue. Puis il remonte dans sa cage. Serein. Son premier geste de « singe libre » fait de moi, avant l’heure, un primatologue. »

1749 Miles, c’est la distance qui sépare l’endroit ou vit le primatologue Joshua Shapiro de celui où il doit donner une conférence sur son expérience sur HAM. C’est durant tout ce trajet qu’il effectue en voiture qu’il se remémore sa vie avec le chimpanzé. HAM, lui aussi nous livre son expérience et sa relation avec Joshua.


Alors que notre astronaute français, Thomas Pesquet vient d’effectuer sa première sortie dans l’espace, 1749 miles nous raconte les premières heures de la conquête spatiale américaine. C’est surtout l’histoire d’une rencontre, de celles qui changent une vie. Un roman jeunesse plein de tendresse et d’humanité. On vit avec Josh sa rencontre avec HAM, leur amitié naissante, sa peur de ne pas le voir revenir de son voyage dans l’espace. 1749 miles est un très beau roman jeunesse, plein d’émotion , qui passionnera les petits et les grands. Un roman qui se partage en famille.

samedi 14 janvier 2017

Carte blanche à Florence Herrlemann



CARTE BLANCHE A :   

Florence Herrlemann



Aujourd’hui, c’est Florence Herllemann, auteur du superbe roman, Le festin du lézard, aux éditions Antigone 14, qui vous invite à  la lecture. Elle a choisi de vous présenter, Sans lui de Catherine Rolland, paru récemment aux éditons Mon village.





Sans lui, est une histoire comme on les aime.
De celles que l’on garde en mémoire longtemps après qu’elle nous ait été contée.  

Un soir, dans un petit village en plein cœur du Vercors, un terrible incendie ravage la maison familiale des Sostein, épargnant les enfants Ethan et Lénaïc, deux frères jumeaux à la ressemblance troublante. La relation qu’ils entretiennent est fusionnelle et indéfectible. Lénaïc artiste aux talents innés se réfugie dans la peinture, et les oeuvres du Caravage qu’il reproduit avec magnificence.

« Il avait sorti son attirail du placard de la minuscule cuisine, avait installé le chevalet face à la fenêtre, son tabouret branlant, ses pinceaux et ses couleurs. Il s’était fait couler un café très fort, s’était roulé une cigarette et s’était mis à peindre.
Le Caravage. Le Christ à la colonne, œuvre tardive du maître dont Lénaïc était tombé amoureux au premier regard. L’original était à Rouen, au Musée des Beaux-Arts, et il ne l’avait jamais vu. » 

Tiraillés par l’incessante obsession de l’autre et par l’urgence de survivre au drame, les jumeaux s’installent malgré eux dans une épreuve de force et s’affrontent en duel comme au jeu du tir à la corde. Ethan tentera le tout pour le tout en proposant à Lénaïc la possibilité d’un ailleurs.

« – Est-ce que tu viens avec moi ? Est-ce que le huit, tu monteras ou non dans cet avion ?
– Non. Et tu savais depuis le début que c’était ce que je te répondrais. C’est pour ça qu’il n’y a que ton seul billet, dans la poche de ton blouson.

Lénaïc avait, pour répondre, conservé le ton neutre et calme dont depuis le début de leur discussion, il ne s’était jamais départi. Ethan hocha la tête, vidé brusquement, envahi par le malaise, la nausée et une espèce d’épuisement désolé.
[…]  En chancelant un peu, il fit volte-face, remonta l’allée, écoutant machinalement l’écho de ses pas, sur les pavés déformés par les milliers de pèlerins qui au cours des siècles, les avaient foulés. La porte de la chapelle était restée ouverte, il avançait vers la lumière, et il songea à Orphée, qui avait tenté d’arracher Eurydice aux Enfers et n’y était pas arrivé. »

Dans cet insolite jeu de miroir apparaît un trio haut en couleur : Flore, l’amie d’enfance des deux garçons, devenue l’amante d’Ethan ; Olivier, prêtre à l’allure singulière, dont les raisons de son affection profonde pour les jumeaux reste énigmatique, et la mystérieuse Madeleine qui semble en savoir long sur la vie des jumeaux.

Avec Sans lui, Catherine Rolland nous entraîne dans l’univers complexe de la gémellité. Ses mots, ses phrases comme des entrelacs nous tiennent et nous retiennent. Son écriture fluide, lumineuse est addictive, autant vous prévenir.
Dans ce quatrième et magnifique roman, il est avant tout question d’Amour et de cette fabuleuse force qui nous vient de je ne sais où, ce souffle de vie qui nous pousse à nous dépasser, à vivre au-delà de ce qui nous est permis de croire ou d’imaginer.

Sans lui se dévore d’une traite. Son univers est d’une grande richesse, d’une grande humanité.
Merci, Catherine !



Un grand merci à Florence pour cet avis sur Sans lui de Catherine Rolland.

Vous pourrez retrouver Florence Herrlemann en dédicace, le mardi 17 janvier à la libraire La lucarne des écrivains à Paris, dans le neuvième arrondissement à partir de 19h30.

Catherine Rolland, quant à elle, signera son roman à la Fnac Neuchâtel en Suisse, le 21 janvier, à partira de 14H.

Amis Rhône-Alpins, vous pourrez retrouver les deux auteurs à la Libraire Cassiopée au Bois d’Oingt (01), le 10 mars à partir de 19h.